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La vérité de l’homme          

           L’éditorial de Michel Kubler          La Croix du vendredi 16 octobre 1998

  

Au risque de choquer, il convient donc d’énoncer ceci : la foi n’est pas une fin en soi. Et d’ajouter ceci : la raison non plus. L’une et l’autre annonce Jean-Paul II dès les premiers mots de Fides et ratio, ont pour vocation de guider l’homme, comme les « deux ailes » de l’Esprit, vers « la contemplation de la vérité ». La vérité du sens de l’existence. Une vérité qui ne se laisse découvrir en plénitude qu’en Jésus-Christ, centre du cosmos et de l’histoire. Pour l’atteindre, la foi et la raison se requièrent l’une l’autre, comme un oiseau a besoin de ses deux ailes pour s’élever dans le ciel.

Dans un contexte marqué par une « crise du sens », cette 13° encyclique de Jean-Paul II  vient à point nommé. Elle est la seconde seulement de toute la papauté à être consacrée aux rapports entre la foi et la philosophie, un siècle après Aeterni Patris de Léon XIII : soit un siècle de soupçon et de sécularisation, où la pensée a cru devoir s’émanciper de Dieu, et la foi, parfois, se dispenser de penser.

Or, ces deux tentations du rationalisme et du fidéisme restent d’actualité. Dans l’Eglise , lorsque des penseurs prétendent réduire le Mystère aux systèmes des sciences humaines ou, à l’inverse, quand des fidèles et des communautés érigent le sentimentalisme (voire le fondamentalisme) comme critère définitif de toute expérience religieuse. Et hors de l’Eglise, dans des attitudes –aussi insensées qu’antagonistes- comme le scientisme et les spiritualismes éthérés.

D’où le rappel salutaire du Pape aujourd’hui : «  La foi et la raison ne peuvent être séparées sans que l’homme perde la possibilité de se connaître lui-même, de connaître le monde et Dieu de façon adéquate » (n.16) . D’où, aussi, son appel aux croyants comme aux non-croyants, à réunir les efforts de leurs intelligences pour que toute l’humanité progresse vers le vérité. La vérité – le sait-on assez ?- est un droit de l’homme. Il n’existe que deux voies, toujours autonomes  et toujours à conjuguer, pour accéder à cette dignité : la connaissance humaine et la grâce de Dieu  .

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