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                                      rire.htm

                                                                          

 

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Le rire

  Le nom d’Isaac –« Rire » - est l’occasion d’une variation sur un thème qui s’y prête : quoi de plus complexe que le rire ? A travers

Gn17,17 :  Abraham se jeta face contre terre et il rit ; il se dit en lui même :  « Un enfant naîtra-t-il à un homme de cent ans ? Ou Sara avec ses quatre-vingt-dix ans pourrait-elle enfanter ? » ;

Gn 18,12-15 :    Sara se mit à rire en elle même et dit : « Tout usée comme je suis, pourrais-je encore jouir ? Et mon maître est si vieux ! » Le Seigneur dit à Abraham : « Pourquoi ce rire de Sara ? Et cette question : « Pourrais-je enfanter, moi qui suis si vielle ? » Y-a-t-il une chose trop prodigieuse pour le Seigneur ? A la date où je reviendrai vers toi, au temps du renouveau, Sara aura un fils. » Sara nia en disant : « Je n’ai pas ri », car elle avait peur. « Si ! reprit-il, tu as bel et bien ri. » ;

Gn 21,6… :  Sara s’écria : « dieu m’a donné sujet de rire ! Quiconque l’apprendra rira à mon sujet. » Elle reprit :  « Qui aurait dit à Abraham que Sara allaiterait des fils ? Et j’ai donné un fils à sa vieillesse ! »

 l’Ecriture joue sur deux aspects du rire : un rire d’incrédulité, mais qui peut se transformer, devant la merveille divine, en rire de stupéfaction heureuse. Assurément, l’homme biblique sait rire :  dans plus de récits inspirés qu’on ne pense, se cache une force comique vigoureuse. Mais ce rire est marqué par l’âpreté de la condition de l’homme d’Israël et ne se départit pas souvent d’une note de défi, de moquerie ou de triomphe. En fait, à travers les textes, on entend plus le rire du sot, c’est à dire l’homme qui marche hors de la vérité, que le rire du juste.

 

LE RIRE DU SOT :  

 Il y a le rire  impur   ( Siracide Si 27,13 :   Les discours des sots provoquent l’agacement et leur rire est une débauche de coupable.)

ou simplement exagéré (Si 21,20 :     Le sot, quand il rit, le fait en élevant la voix )

alors que celui du sage est discret.

Il y a surtout le rire du moqueur, terme au sens bien précis, ne désignant pas n’importe quelle ironie, mais celle de l’homme rebelle à la correction ( Ps 1,1 : Heureux l’homme qui ne prend pas le parti des méchants, ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs et ne s’assied pas au banc des moqueurs ; Pr13,1 ; Pr15,12),     rebelle à l’enseignement, à l’accueil de la foi.

Le moqueur est l’opposé du sage (Pr9,12 :  Si tu es sage, tu es sage pour toi et si tu es sceptique, tu en es seul responsable  et  Pr29,8 :       Les frondeurs mettent la cité en effervescence, mais les sages y refoulent la colère) :

il répond par la raillerie à la parole de dieu (  Jr 20,7 :  Seigneur, tu as abusé de ma naïveté, oui j’ai été bien naïf ; avec moi tu as eu recours à la force et tu es arrivé à tes fins ) ainsi par exemple

à la réforme d’Ezéchias ( 2Ch30,10 :  Les coureurs passèrent de ville en ville dans le pays d’Ephraïm et de Manassé, jusqu’en Zabulon, mais on riait d’eux et on se moquait d’eux.),

                                                                                                                                                                              

ou plus tard à l’annonce de la résurrection des morts ( Ac 17,32 :  Au mot de « résurrection des morts », les uns se moquaient, et d’autres déclarèrent :  « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. »)

Au derniers jours enfin, des « railleurs pleins de railleries » (2P3,3 :  Tout d’abord sachez-le : dans les derniers jours viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles)mettront en doute les promesses.

La moquerie est alors presque l’équivalent du refus de croire. Elle s’exerce aussi contre la personne du juste, surtout s’il souffre ( Ps22,8 :  Tous ceux qui me voient, me raillent ; ils ricanent et hochent la tête ; Ps35,26 ; Lm3,14… )   ou contre Israël, de la part des nations.

Les moqueurs se font entendre au Calvaire  ( Mc15,29 :  Les passants l’insultaient hochant la tête … ;  Lc23,35 :  Le peuple restait là à regarder ; les chefs, eux, ricanaient ; ils disaient : « Il en a sauvé d’autres. Qu’il se sauve lui même, s’il est le messie de Dieu, l’Elu ! »  )

  

LE RIRE DU CROYANT :

 Qohélet reconnaît qu’il y a un «  temps de rire ». Le rire en effet change de sens suivant les personnes et le temps.

 A son jour, le juste rira de l’impie ( Ps52,8 :  Alors les justes verront et craindront ; ils riront…)

Comme Dieu se moque des moqueurs (Ps2,4 :  Il rit celui qui siège dans les cieux ; le Seigneur se moque d’eux … Pr3,34 :  S’ils se moque des moqueurs, il accorde sa faveur aux humbles  )

Le ridicule est une arme contre les faux dieux, manié par Elie au Carmel  ( 1R18,27 :  Alors à midi, Elie se moqua d’eux et dit : « Criez plus fort, c’est un dieu : il a des préoccupations, il a dû s’absenter, il a du chemin à faire ; peut-être qu’il dort et il faut qu’il se réveille. » ) .

Les martyrs maccabéens exercent le sarcasme contre le persécuteur  ( 2M7,39 )

 Cependant le rire du juste peut se dégager de la polémique et exprimer le soulagement de l’âme  comblée par Dieu  (  Ps35,27 :  Ceux qui voulaient pour moi la justice crieront de joie, ils diront sans cesse : « Le Seigneur triomphe, lui qui a voulu le bonheur de son serviteur. » ;

 Ps126,2 :  Alors notre bouche était pleine de rires et notre langue criait de joie )

ou confiante comme la femme forte qui «rit au lendemain »  ( Pr31,25 :  Force et honneur la revêtent, elle pense à l’avenir en riant. )

 Jésus a dit qu’un certain rire, celui des satisfaits du temps présent ( Lc6,25 ; Jc4,9) ne durerait pas, mais a promis à ceux qui pleurent le rire d’une joie définitive  ( Lc6,21 :  Heureux , vous qui pleurez maintenant : vous rirez ) .

 Un tel rire final fera écho au rire parfaitement  pur de la Sagesse qui depuis l’origine se joue devant Dieu et parmi les hommes  ( « jouer » traduit le même mot que rire : Pr8,30-31 :  Je fus maître d’œuvre à son côté , objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes .)

                                                                  ( à partir de Vocabulaire de Théologie Biblique)

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